Présentation des candidats pour les élections municipales de mars

À quelques semaines des élections, il est essentiel de mieux connaître celles et ceux qui se présentent. Cet article dresse un panorama des différents candidats en lice, dans l’ordre des listes publiées.


Thierry Herman


Municipalité de Suchy, Suchy, Vaud, Suisse

Pourquoi vous représentez-vous ?

Aristote disait : « Toute bonne histoire a un début, un milieu et une fin. » Quand on commence une législature en tant que syndic, on est au début; on plante quelques graines, on crée un réseau et l’on voit certaines problématiques émerger. Mais on ne voit pas forcément le milieu ni la fin de l’histoire.

Ma motivation première est donc de pouvoir voir ce que les actes suivants me réservent. Je ne me vois pas m’arrêter à l’acte I.

Quels sont les thèmes pour Suchy qui vous tiennent à cœur ?

Lors de cette législature, nous avons entamé une réflexion sur le développement durable, avec notamment un dicastère dédié. Les questions d’énergie et de climat nous concernent tous, à tous les échelons. Il s’agit de concilier les moyens d’une petite commune avec des objectifs ambitieux, sans nuire à la population.

Le Plan Énergie et Climat Communal (PECC) comporte aussi une dimension sociale importante, à laquelle je tiens particulièrement. C’est Aristote, toujours lui, qui disait que le but de la politique n’est pas seulement de vivre ensemble, mais de « bien vivre ensemble ». Il s’agit donc de réfléchir à la manière d’augmenter le bien-être collectif et de renforcer le lien communautaire.

© Manon Muriset

Quel est votre parcours professionnel et politique jusqu’ici ?

Actuellement, je travaille à 100 % dans la recherche universitaire, sur des questions de rhétorique et d’écriture. Il ne m’a toutefois pas été facile de trouver un poste à l’université et j’ai été journaliste à temps partiel pendant plusieurs années pour Teletext et le site internet de la RTS. Durant mes études, j’ai aussi enchaîné différents emplois : vendeur en papeterie, en boutique de disques ou de sport, chauffeur de taxi, etc. Cela m’a permis de rencontrer des profils très variés et de garder un contact direct avec le terrain. Aujourd’hui, ce lien au terrain passe notamment par ma fonction de syndic.

Pour ce qui est de mon parcours politique, je n’avais jamais envisagé de m’engager, étant plutôt réservé face aux partis et à leurs dimensions idéologiques. En arrivant à Suchy, j’ai découvert le Conseil général. Ici, il n’est pas nécessaire d’être membre d’un parti pour participer à la vie politique, et je suis un fervent défenseur de ce système.

Je m’étais opposé à la fusion de Suchy avec Chavornay. L’un des arguments en faveur de cette fusion était le manque de candidats pour les exécutifs communaux. Pour rester cohérent avec ma position, j’ai décidé de me présenter. J’ai d’abord découvert le fonctionnement collégial de la Municipalité, puis, en devenant syndic, ce qui n’était pas planifié, une autre dimension s’est ouverte, avec des échanges à l’échelle régionale et cantonale. Cette expérience m’a profondément intéressé.

Quelle est, selon vous, la priorité numéro un pour Suchy lors de la prochaine législature ?

Le développement social constitue pour moi une priorité. Nous vivons dans une société très individualiste, qui ne nous rend pas forcément plus heureux. J’ai la conviction que nous ne pouvons réellement être bien qu’ensemble. Favoriser le sentiment d’appartenance et le bonheur commun me paraît essentiel.

Par ailleurs, très concrètement, notre règlement des constructions commence à dater. Une réflexion devra être menée sur sa révision notamment. Ce sera une priorité de la prochaine législature.

Gouverner, on le sait, c’est prévoir. Il faudra paver le terrain pour les législatures suivantes et mettre en place les bases nécessaires pour assurer l’avenir, à court, moyen et long terme. J’aimerais confier une commune saine et fonctionnelle à la prochaine génération.


Jocelyn Bussy


Pourquoi vous représentez-vous ?

Je sors tout juste de ma première législature et il est vrai qu’après cinq ans, on commence à apprivoiser le fonctionnement de la commune, mais également le travail avec les associations intercommunales. De ce point de vue, continuer mon activité en tant que municipal fait beaucoup de sens pour moi. De plus, nous sommes une équipe qui fonctionne très bien. J’éprouve beaucoup de plaisir à œuvrer pour le bien de la commune dans ces conditions. Me représenter est pour moi une suite logique.

Quels sont les thèmes pour Suchy qui vous tiennent à cœur ?

En lien avec mon dicastère, le projet de cartographie des infrastructures souterraines de Suchy me tient particulièrement à cœur. Nous mettons à jour et digitalisons, en collaboration avec un bureau de géomètres, les anciens plans concernant notamment les réseaux d’eau et l’épuration. Cela représentera une aide précieuse pour nos successeurs et pour la résilience de la commune.

Le Plan Énergie et Climat Communal (PECC) est également important pour moi, et j’ai à cœur de continuer à le mettre en œuvre lors de cette prochaine législature. J’ai été très occupé par la cartographie souterraine de Suchy, mais le plan PECC est tout aussi essentiel. Il s’agit en effet de durabilité énergétique, mais également du bien-être des habitants et du développement d’une commune soudée.

© Manon Muriset

Quel est votre parcours professionnel et politique jusqu’ici ?

Je suis ingénieur agronome de formation, puis j’ai obtenu un diplôme fédéral de directeur des ventes en cours d’emploi. En somme, j’ai toujours travaillé dans l’agroalimentaire : dans l’alimentation animale au début, puis désormais dans le domaine des fruits et légumes. J’ai toujours occupé des postes à responsabilité en management et en gestion d’équipe. J’ai longtemps été directeur des ventes et du marketing pour différentes sociétés.

Du côté politique, je n’ai jamais été impliqué dans un parti en particulier et ma première expérience s’est faite ici, au sein de la commune de Suchy. J’apprécie cette dimension de la politique communale : on ne représente pas un parti, mais on œuvre pour le bien de la commune et de ses habitants.

Quelle est, selon vous, la priorité numéro un pour Suchy lors de la prochaine législature ?

Actuellement, je ne pense pas qu’il y ait d’urgence particulière, et c’est plutôt positif ! Selon moi, il faut continuer les projets en cours tout en restant dans cette logique de durabilité et à l’écoute des citoyens. Le plan PECC que nous avons initié est clairement l’un de ces projets qui ne pourra qu’être bénéfique pour la commune.


Oxana Cholly


Municipalité de Suchy, Suchy, Vaud, Suisse

Pourquoi vous représentez-vous ?

Tout d’abord parce que j’apprécie mon activité au sein de la commune ! Nous sommes une excellente équipe et c’est très agréable d’y travailler. Je dois également dire que cela fait dix ans que je suis la seule femme municipale et je trouve important d’avoir une représentation féminine dans le cadre politique, notamment. J’espérais que la législature à venir susciterait au moins une candidate, mais ce n’est pas le cas. C’est donc l’une des raisons qui me pousse à me représenter.

Quels sont les thèmes pour Suchy qui vous tiennent à cœur ?

Il me tient à cœur de m’inscrire dans la continuité des activités que nous avons entreprises pour la commune. J’ai notamment la déchèterie dans mon dicastère et je la tiens également deux fois par semaine. À l’époque du Covid, j’ai dû la reprendre in extremis et j’y ai rapidement pris goût.

Cela me permet réellement de rester en lien avec tous les citoyens de Suchy, même les nouveaux ! J’ai l’occasion de converser avec eux et de rester à leur écoute, également dans le cadre des décisions prises pour la commune.

Je pense que Suchy est un bon exemple de village avec un fort tissu social et il faut tout mettre en œuvre pour que cela reste possible à l’avenir.

© Manon Muriset

Quel est votre parcours professionnel et politique jusqu’ici ?

Je n’ai pas d’activité professionnelle extérieure à la municipalité. Mon mari est agriculteur et je l’aide donc de temps à autre sur son domaine. Le reste du temps, j’ai la chance de pouvoir me consacrer à mon activité de municipale et aux différents domaines dont je m’occupe.

En ce qui concerne mon engagement politique, cela fait quinze ans que je suis municipale. Je suis d’ailleurs la plus ancienne de l’équipe actuelle !

Quelle est, selon vous, la priorité numéro un pour Suchy lors de la prochaine législature ?

Comme je l’ai dit, je pense qu’il faut continuer à privilégier le contact et le travail sur le terrain. Il faut que nous conservions notre adaptabilité et notre écoute des citoyens. Après toutes ces années passées à la municipalité, je le constate bien : la commune change continuellement. Elle s’agrandit, de nouveaux défis se présentent à nous, etc. Il faut continuer à gérer cela en restant proches les uns des autres, comme nous le faisons actuellement.


Antonin Gaillard


Municipalité de Suchy, Suchy, Vaud, Suisse

Pourquoi vous représentez-vous ?

Etant donné la très bonne dynamique au sein de la Municipalité et le réel sentiment de pouvoir encore accomplir de bonnes choses pour la commune, il est apparu comme une évidence pour la majorité d’entre nous de se représenter.

Je pense que nous avons de très bonnes perspectives pour les prochaines années, ainsi que des rôles importants à tenir au sein des associations intercommunales. Tout cela me motive vraiment à continuer.

Quels sont les thèmes pour Suchy qui vous tiennent à cœur ?

Je trouve très gratifiant de pouvoir me rendre utile à la commune grâce aux compétences liées à mon métier. Lorsque je me suis présenté pour la première fois, c’était principalement cette motivation qui m’animait, et cela n’a pas changé.

J’ai envie de continuer à développer certaines infrastructures, notamment la zone de loisirs. Nous avons aménagé un terrain de football, de pétanque ainsi que de volleyball. Ces installations sont accessibles à tous et gratuites, et je pense que c’est un exemple concret de projet qui améliore le quotidien des habitants. C’est ce type de réalisation qui me tient particulièrement à cœur.

© Manon Muriset

Quel est votre parcours professionnel et politique jusqu’ici ?

Je n’ai pas d’expérience particulière en politique, à part évidemment mon activité de municipal à Suchy depuis 2017.

Sur le plan professionnel, je n’ai jamais été très scolaire et j’ai commencé à travailler tôt. J’ai travaillé à la Migros pendant six ans et demi, où j’ai occupé plusieurs postes : vendeur, magasinier, etc. Cela me plaisait, mais les horaires étaient difficiles pour un salaire peu élevé.

À 25 ans, j’ai décidé de me lancer dans un apprentissage de dessinateur en bâtiment. J’ai toujours baigné dans ce milieu, mon père étant architecte, et ce domaine m’a naturellement attiré. Après avoir obtenu mon CFC, j’ai travaillé dans un bureau d’architecte à Crissier de 2012 à 2022. Puis j’ai rejoint le bureau d’architectes Dolci à Yverdon, où j’occupe aujourd’hui le poste de directeur de projet. Je m’occupe notamment de la rénovation du Manor à Yverdon.

C’est très enrichissant de pouvoir mettre à profit mes connaissances dans le domaine de la construction au service de Suchy, tout en approfondissant les subtilités des réglementations cantonales et autres qui y sont liées. J’ai vraiment la sensation d’un échange constructif.

Quelle est, selon vous, la priorité numéro un pour Suchy lors de la prochaine législature ?

De manière concrète, j’aimerais pouvoir terminer les travaux de rénovation énergétique du bâtiment de l’administration communale, qui sont bloqués depuis un an et demi à la suite d’une opposition de Patrimoine suisse.

À plus long terme, j’aimerais contribuer au rayonnement de la commune, notamment à travers les associations intercommunales. Elles permettent d’exercer une réelle influence et de porter la voix de Suchy afin de défendre au mieux les intérêts de ses habitants et de garantir des conditions de vie agréables.

 


Cédric Pittet


Pourquoi vous lancez-vous ? 

A vrai dire, c’est plutôt un retour qu’un début pour ma part. Je me suis déjà engagé durant 16 ans à la municipalité, ayant depuis toujours vécu à Suchy. De plus, j’ai été syndic pendant 6 ans, avant de devoir me mettre en retrait de la politique communale, afin de me reconcentrer sur mon cercle familial. J’ai depuis rééquilibré le côté familial et organisationnel de mon exploitation familiale, et ai le souhait de me réengager et de prendre part aux décisions du village de manière active à nouveau.

Quels sont les thèmes pour Suchy qui vous tiennent à coeur ? 

Le terroir ainsi que la proximité entre villages alentour sont des sujets qui me tiennent à cœur, dû à mon historique familial. En effet, il est important de garder active une part de l’histoire présente dans le village et de la faire perdurer, de par la super entente que nous avons en son sein. J’ai désormais envie de partager les connaissances que j’ai pu acquérir durant toutes ces années passées à Suchy.

De plus, l’agrandissement du collège d’Épendes me paraît être un sujet intéressant pour l’avenir. De fait, je connais assez bien cette infrastructure, ayant moi-même été dans le comité de pilotage lors de sa construction.

Quel est votre parcours professionnel et politique jusqu’ici ? 

J’ai un CFC et une maîtrise fédérale en agriculture. Je suis également formateur désormais, et forme actuellement mon 14ème apprenti. J’ai donc repris l’exploitation familiale, présente à Suchy depuis 1650 selon les premières traces, ce qui fait de l’agriculture un de mes principaux intérêts.

Sur le plan politique, au-delà de mon implication au sein du Conseil général et de mon expérience en tant que syndic, j’ai également siégé au comité des syndics du Nord vaudois. Je fais par ailleurs toujours partie de la Commission de gestion de la Police Nord vaudoise. En parallèle, je gère deux pâturages d’alpage comprenant chacun une buvette sur leur terrain et suis de plus président de la société de fromagerie de Penthéréaz.

Quelle est, selon vous, la priorité numéro 1 pour Suchy lors de la prochaine législature ? 

Je pense que continuer ce qui a déjà été fait ou commencé à être mis en place serait une bonne chose. De plus, le côté circulation mérite à être amélioré selon moi. Le soutien des sociétés locales occupe également une grande place ainsi que le soutien à la population. Enfin, l’aide au développement régional ainsi que la collaboration avec les communes voisines permettraient de faire perdurer et de solidifier les liens et la collaboration entre villages voisins.


Yves Peneveyre


Pourquoi vous lancez-vous ? 

J’avais envie de participer à la vie du village, dans lequel il fait bon vivre, mais également de mettre mes capacités à profit pour le bien-être de la commune.

Quels sont les thèmes pour Suchy qui vous tiennent à coeur ? 

Premièrement, mon objectif est de veiller à ce que les finances de la commune restent saines et équilibrées. Par ailleurs, je considère qu’il est essentiel de préserver le tissu local, que ce soit à travers nos sociétés et traditions mais encore nos commerces et entreprises. Ce lien avec le milieu local est, selon moi, une des clés de la bonne entente entre la commune et ses habitants.

Quel est votre parcours professionnel et politique jusqu’ici ? 

J’ai 25 ans d’expérience dans le domaine informatique et IT. Plus récemment, je me suis orienté vers le développement commercial international, notamment grâce à l’essor du Cloud, tout en m’intéressant aux nouvelles technologies telles que l’Intelligence Artificielle. Je suis titulaire d’un diplôme de l’École Technique Supérieure (ETS), aujourd’hui renommée HES, dans le domaine de la communication.

Sur le plan politique, j’ai d’abord été membre du Conseil communal de Chavornay, où je résidais auparavant. Depuis mon arrivée à Suchy, il y a sept ans, j’ai intégré directement le Conseil général et la Commission de gestion et finances. Depuis 2023, j’ai l’honneur d’en assurer la présidence.

Quelle est, selon vous, la priorité numéro 1 pour Suchy lors de la prochaine législature ? 

Je pense que la difficulté principale est de concilier ce que nous impose le canton avec ce que l’on fait dans notre commune. En effet, de nombreux éléments sont réglementés, avec des directives précises à appliquer localement. Ce point me semble particulièrement important pour une petite commune comme la nôtre, où il peut être complexe d’aborder certains sujets ou thématiques de grande envergure.


Christophe Duployer


Pourquoi vous lancez-vous ?

Je connais assez bien Alexandre Muriset, municipal sortant, et les dicastères dont il avait la charge correspondent étroitement à mes intérêts et à mes compétences. En particulier, l’école et l’enseignement sont des thématiques qui me tiennent à cœur et qui font directement écho à mon parcours professionnel.

Installé à Suchy avec ma famille depuis maintenant sept ans, j’estime qu’il est temps pour moi de m’engager davantage au service de la commune. Si je fais déjà partie du Conseil général ainsi que de la commission gestion-finance depuis un certain temps, j’ai aujourd’hui la volonté d’approfondir cet engagement. Suchy bénéficie d’une belle cohésion et d’une énergie collective forte, et je souhaite contribuer activement à cette dynamique positive.

Quels sont les thèmes pour Suchy qui vous tiennent à coeur ? 

Je pense que le village de Suchy dispose de nombreuses ressources, ce qui permet une grande diversité de projets, tant actuels que futurs. Comme j’ai déjà pu le constater au sein du Conseil général, la prise de décision s’y fait de manière largement collégiale, ce qui facilite les choix et renforce une réelle cohésion entre ses membres.

À mon sens, la question scolaire constitue un enjeu majeur et évolutif pour l’avenir. Il serait pertinent de continuer à la développer, notamment en ce qui concerne les transports, un sujet déjà en discussion actuellement. Il s’agit en effet directement de l’avenir de notre jeunesse, et il me paraît essentiel d’y accorder toute l’attention nécessaire.

Quel est votre parcours professionnel et politique jusqu’ici ? 

J’ai débuté mon parcours professionnel en travaillant dans le domaine financier et bancaire. Cela ne me plaisant plus, j’ai décidé de m’orienter vers un corps de métier plus social, et ai donc travaillé comme éducateur social durant quelques années. Puis, j’ai œuvré comme directeur adjoint du SemoNord, à Yverdon-les-Bains durant six ans. J’ai ensuite rejoint l’ARPIH, école supérieure du domaine social en 2023, avec le rôle de responsable de formation pour les éducateurs et éducatrices dans le social. Je suis également président de l’Association des P’tits Chalamont du collège d’Épendes depuis début 2025, ce qui me permet de garder un pas dans le milieu scolaire et associatif qui m’intéresse tant.

Concernant mon parcours politique, je fais donc partie du conseil général de la commune, ainsi que de la commission gestion et finances.

Quelle est, selon vous, la priorité numéro 1 pour Suchy lors de la prochaine législature ? 

Comme évoqué précédemment, je considère que la question scolaire constitue un enjeu majeur qui mérite toute notre attention, notamment en raison du départ et du changement de lieu pour les classes de 5e et 6e Harmos. Il me paraît essentiel de pouvoir recueillir l’avis des parents, d’organiser les transports de manière adéquate, mais aussi d’anticiper les enjeux centraux afin de garantir une transition bénéfique pour toutes et tous.

Par ailleurs, les questions liées aux infrastructures routières me semblent récurrentes et méritent une attention particulière, tout comme les enjeux écologiques, notamment à travers des projets tels que le plan PECC.

Nolan Cuche : la détermination d’un jeune judoka

Du 18 au 19 octobre 2025, à Slovenj Gradec en Slovénie, Nolan Cuche défendait les couleurs de la sélection nationale suisse lors du Zavarovalnica Sava” Koroška Open 2025. Engagé dans la catégorie –42 kg, le judoka de 14 ans a remporté la médaille d’argent. Une performance internationale qui illustre parfaitement le parcours et la détermination de ce jeune athlète.

Nolan découvre le judo lorsqu’il n’a que 4 ans, en suivant les pas de son frère qui pratiquait déjà. Cela dit, les débuts n’étaient pas tout rose pour le jeune judoka : « En vérité, je n’ai pas tout de suite adoré le judo. C’était vraiment dur pour moi de tomber sur le tatami », confie-t-il. Les chutes, omniprésentes dans l’apprentissage du judo découragent souvent les débutants. Pourtant chez Nolan, cela fait naître un véritable goût de l’effort et du dépassement presque sans faille. À 5 ou 6 ans, il répétait déjà inlassablement à chaque pause les mouvements de chutes enseignés, malgré des gestes maladroits : « J’étais petit, je faisais cette chute bizarrement, mais je ne m’arrêtais pas. » Peu à peu sa technique s’améliore et avec elle croît son amour pour le judo.

Aujourd’hui, Nolan Cuche se décrit comme un combattant privilégiant l’offensive tout conservant calme et contrôle. Il est inspiré par le style de combat japonais et le fameux judoka Shōhei Ōno, qu’il admire pour sa maîtrise exceptionnelle ainsi que l’équilibre entre agressivité et retenue dont il fait preuve. Ainsi pour lui, prendre l’initiative est essentiel : « Si j’arrive à attaquer, j’ai plus de contrôle sur mon adversaire. » Une philosophie de combat qui reflète aussi sa mentalité en dehors du tatami. Ambitieux, il se fixe des objectifs précis et avance sans regarder en arrière. « Quand je commence quelque chose, j’aime aller au bout et m’améliorer de plus en plus. À chaque fois que j’atteins un objectif, je m’en fixe un autre. »

À partir de 12 ans, les résultats commencent à suivre, d’abord en Suisse puis à l’international. Parmi les souvenirs les plus marquants de son parcours, Nolan évoque une compétition en Allemagne, à Sindelfingen, où plus d’une cinquantaine de judokas sont engagés dans sa catégorie. Battu lors de son deuxième combat, il sent la frustration monter. « Quand j’étais plus petit, je m’énervais beaucoup quand je perdais. » En pleurs à la sortie du tatami, il parvient pourtant à se ressaisir et à continuer, soutenu par ses parents. Après près de dix heures de compétition et un dernier combat décisif, il s’impose et décroche le podium. « Je suis sorti du tatami tellement heureux. » Un moment fort, d’autant plus marquant avec le recul, alors que les athlètes présents ce jour-là sont devenus très fort à l’heure actuelle.

Un autre moment fort de son parcours se déroule il y a quelques mois  en Slovénie, où il décroche une médaille d’argent. Lors de sa première participation à ce tournoi, il avait été éliminé dès le premier tour. Déçu, il voit pourtant ses amis monter sur le podium. Cette expérience devient une source de motivation supplémentaire. Lorsqu’il revient l’année suivante, il est animé par une farouche envie de faire mieux, malgré le stress des grandes compétitions à l’étranger. « Le stress s’installe surtout quand j’arrive dans la salle, mais ça me pousse vraiment vers l’avant. »

Le quotidien de Nolan est rythmé par les entraînements, presque tous les jours, parfois même deux fois par jour. Concilier école et judo n’est pas toujours facile, d’autant plus que de nombreux week-ends sont consacrés aux compétitions. Il s’efforce donc de rester concentré en classe afin de limiter le travail à la maison. Le manque de sommeil et les douleurs physiques font partie du quotidien, mais ne l’arrêtent pas. « Les entraînements sont durs, mais j’arrive à tenir parce que j’aime vraiment ce que je fais. »

Heureusement, Nolan peut compter sur un entourage très présent. Ses parents le soutiennent sans relâche, dans les moments de réussite comme dans les périodes de doute. « Ça fait du bien de pouvoir se reposer sur eux. Ils m’écoutent, trouvent des solutions et m’encouragent. » Toute sa famille suit également ses résultats avec attention, un soutien moral précieux dans un parcours aussi exigeant.

Porté par une passion profonde, une grande discipline et l’envie de prouver qu’il est capable d’aller loin, Nolan Cuche avance avec une détermination impressionnante. À seulement 14 ans, son histoire avec le judo ne fait que commencer, mais elle s’inscrit déjà comme une véritable ligne de vie.

À Suchy, le Père Noël et les sapins s’invitent devant l’épicerie du village

Comme chaque année à l’approche des fêtes, Suchy perpétue une tradition devenue incontournable : la distribution des sapins ! La commune donne rendez-vous à ses habitants devant l’épicerie du village pour partager un moment convivial durant la période de l’Avent. Il semblerait même que le Père Noël ait décidé de s’y inviter…

En début de soirée, petits et grands se sont rassemblés malgré le froid, attirés par l’ambiance festive et familiale. L’arrivée des sapins ne passe jamais inaperçue : les arbres, offerts par la commune, arrivent dans une grosse remorque, suscitant bonne humeur et curiosité, notamment chez les plus jeunes.

Pour l’occasion, le Père Noël a fait une apparition très attendue et visiblement très appréciée. Il s’est volontiers prêté au jeu des photos, aussi bien avec les enfants que les adultes. Dans l’enthousiasme général, une habitante n’a pas manqué de lancer : « Il n’y a pas d’âge ! » Le Père Noël a ensuite distribué aux plus jeunes des paquets traditionnels garnis de friandises, soigneusement sortis de son grand panier en osier. Ces douceurs étaient offertes par la commune et l’épicerie du village, grâce à la générosité de sa patronne, Laetitia.

Interrogée sur cette tradition, elle explique y être particulièrement attachée : « Le village est chaleureux, ses habitants aiment se rassembler et passer de bons moments. Je connais tous les clients de l’épicerie, alors c’est avec plaisir que je leur offre un verre de vin chaud pour les fêtes. »

Elle poursuit : « C’est une tradition qui vient de mes beaux-parents. C’est un peu la fenêtre de l’Avent du magasin et je suis heureuse de la perpétuer. »

Afin de réchauffer l’atmosphère, du thé et du vin chaud ont été servis aux participants. Un moment très apprécié, propice aux échanges et aux retrouvailles. « C’est hyper convivial, confie une habitante rencontrée sur place. On vient boire un petit verre de vin chaud, discuter avec les gens du village et passer un bon moment. » Elle souligne également une particularité de cette tradition : les sapins distribués ont été plantés au mois de mai par les habitants eux-mêmes. « Finalement, on peut se retrouver à mettre chez soi un sapin qu’on a planté », souligne-t-elle avec entrain.

À travers cette tradition festive, Suchy rappelle que Noël, au-delà de la fête et des sapins, est avant tout un moment de partage et de lien entre ses habitants.

Soirée pré-électorale: un partant…

La soirée pré-électorale, en présence d’une quinzaine de citoyens et citoyennes, s’est déroulée mercredi 3 décembre à 20h à la salle Jura.

Le but de cette soirée était de présenter les différentes activités de la municipalité à la population, tout en leur exposant les aspects positifs et moins réjouissants de leurs tâches respectives ainsi que d’annoncer les dates des prochains tours électoraux. Dans un deuxième temps, les membres souhaitant se représenter ont été révélés, ainsi que ceux qui ont annoncé leur volonté de mettre fin à leur mandat.

Pour rappel, la municipalité actuelle est composée de M.Thierry Herman, syndic, de M. Antonin Gaillard, vice-syndic, ainsi que de Mme. Oxana Cholly, M.Alexandre Muriset et M. Jocelyn Bussy, municipaux. Parmi eux, seul Alexandre Muriset a annoncé qu’il ne souhaitait pas se représenter, après 12 ans de service pour la commune de Suchy.


Les futurs tours auront donc lieu dès le printemps prochain, et plus précisément les 8 et 29 mars, ainsi que le 26 avril et le 17 mai. Pour rappel, les nouveaux candidats souhaitant se présenter doivent déposer leur dossier complet d’ici au 12 janvier prochain à 12h00, pour autant qu’ils remplissent les conditions d’inscription. Deux personnes présentes ont saisi les dossiers de candidature, mais seules les listes déposées au greffe feront foi…

Durant la présentation de la municipalité, le syndic énumère trois aspects essentiels des activités municipales, à savoir l’importance des compétences, la mise de côté du « soi » ainsi que la bonne entente entre les membres. Ce premier aspect met en lumière une façon de répondre à une tendance du Canton à solliciter des municipalités de plus en plus aguerries. Le syndic souligne les aspects de débrouillardise, de recherche d’information ainsi que d’autonomie comme étant des qualités importantes à avoir en tant que municipal-e. Le deuxième point relève de l’importance de la collectivité, étant au centre d’une municipalité. De ce fait, la mise de côté de tout intérêt personnel est nécessaire afin de veiller au bien-être supérieur de la commune. Pour finir, le dernier facteur consiste à avoir envie d’avancer ensemble, et non en se mettant des bâtons dans les roues, dans le but de faciliter et d’améliorer la qualité de vie des citoyens et citoyennes en confiance et en collégialité.

Les municipaux ont ensuite détaillé leurs fonctions et leurs dicastères, tant au sein de la commune que pour les associations intercommunales. Ont été montrées l’étendue et la diversité des tâches qui leur incombent; on percevait aussi dans leurs exposés leur intérêt et leur implication pour les diverses missions au service de la collectivité. Après quelques questions et réponses, la soirée a pu continuer par des échanges à bâtons rompus lors du traditionnel apéro, moment rempli de convivialité, même si l’affluence était peu nombreuse, mais intéressée.

Alexandre Muriset, municipal sortant 

Pourquoi vous-êtes vous lancé dans la politique ? 

En réalité, j’ai toujours aimé le côté commune et cohésion. Mon insertion s’est faite après la fusion des communes; j’étais contre et il fallait assumer que je refusais l’argument du manque de candidats à la fonction. C’était pour moi comme un saut dans le vide. Mais je me suis engagé avec une vraie volonté d’apprendre et d’être actif pour mon village.

Qu’est-ce qui vous a plu durant toutes ces années ? 

La grande cohésion et la bonne entente entre nous à la municipalité. Il n’y a jamais eu de jugement entre nous. Nous avons vraiment tisser des liens forts. Et puis les découvertes, comme par exemple le montage d’une tribunal arbitral pour un conflit avec Car Postal. Il était passionnant de découvrir ce monde judiciaire avec toutes les stratégies que cela implique.

Pourquoi arrêtez-vous cette activité ?

Cela fait maintenant 12 ans que je travaille comme municipal pour la commune de Suchy. Je pense donc qu’il est temps pour moi de ralentir la cadence, avant de m’éparpiller entre toutes mes diverses activités. Mais je regrette réellement de quitter ce tissu. Je trouve qu’entre municipaux, nous avons vraiment un lien qui nous unit, notamment dû aux expériences communes ainsi qu’au vocabulaire spécifique que nous pouvons employer ensemble.

Une table pour recréer le lien : les seniors de Suchy se rassemblent pour la première fois

Une douce chaleur émane du feu de cheminée et enveloppe la pièce lorsque les premiers convives poussent la porte de l’Épicurie, à Suchy. Il est à peine midi, mais une longue table est dressée : assiettes alignées, couverts brillants, paniers de pains posés çà et là. On entend déjà un bourdonnement de conversations, de petites discussions s’entrecroisent et on salue les derniers arrivants.

Les deux organisateurs, Pierre Pittet et Alain Jutzeler, offrent des canapés à la truffe et servent du bon vin à qui en veut bien. Ils disparaissent assez rapidement dans la cuisine pour s’activer sur le menu du jour : un papet vaudois, généreux et fumant. Lorsque tout le monde est enfin rassemblé autour de la table, le syndic Thierry Herman prend la parole. Les conversations s’apaisent et les regards se tournent vers lui. Il prononce quelques mots de bienvenue, un court discours pour saluer cette initiative et les personnes qui y participent : « Ça me fait réellement chaud au cœur de voir une telle initiative prendre vie ici. C’est émouvant de constater que des liens se resserrent entre les anciennes générations, surtout pour celles et ceux qui se retrouvent trop souvent seuls chez eux. Pour moi, c’est essentiel de garder un village connecté et attentif à sa communauté : aujourd’hui, on en a une belle preuve. »

À mesurent que les plats mijotent, on sent l’atmosphère se détendre encore davantage. Certains invités s’attardent près de la cheminée, d’autres prennent déjà place et partagent quelques anecdotes. Le repas semble offrir une parenthèse bienvenue dans une routine parfois un peu silencieuse.

“Ce genre d’évènement devient important”

« J’ai trouvé l’invitation d’Alain et Pierre très sympathique, ils ont toujours d’excellentes idées », confie Jean-Néville Dubuis, metteur en scène et secrétaire générale de Suchy. « Je fais partie des privilégiés qui sont bien entourés, mais le village a quand même changé. Ça fait trente-huit ans que je suis installé ici, et le nombre d’habitants a presque triplé… forcément, on ne se dit plus tous bonjour dans la rue. Ce genre d’événement devient important. »

Un peu plus loin autour de la table, Marlyse Stehlé, ancienne municipale, observe la salle avec un sourire attendri. « C’est une initiative formidable, et en plus je connais encore beaucoup de monde ici… mais je dois dire qu’il y a aussi des visages que je ne reconnais plus à Suchy », confie-t-elle. Elle raconte, amusée, comment lors de la dernière Abbaye elle se retrouvait à saluer des personnes qui l’interpellaient sans qu’elle sache toujours d’où elles venaient. « Alors je demandais : “Et vous, vous habitez où ? Qui êtes-vous ?” Je suis très curieuse », dit-elle en riant. Avant d’ajouter, plus sérieuse : « C’est le plus beau village du Nord vaudois, vraiment. »

À ses côtés, une autre convive acquiesce. Ancienne institutrice, installée à Suchy depuis soixante-quatre ans, elle se rappelle encore l’accueil chaleureux que lui avaient réservé ses élèves à son arrivée. « C’est grâce à eux que j’ai fait toute ma carrière ici. », raconte-t-elle. Elle aussi a été municipale, et elle aussi vit désormais seule. Ce repas, elle l’a vu comme une occasion à ne pas manquer. « On a beau dire que nous sommes un village, on vit un peu chacun dans notre coin, ou dans notre quartier. On se voit au magasin, mais plus rien ne nous relie vraiment. Avant, il y avait la société de chant, mais elle n’existe plus… » Son regard se trouble un instant : « Quand on a été prof et qu’on connaissait tout le monde, c’est un choc de se retrouver un peu plus isolée au sein du village. »

Marlyse renchérit doucement : « Et puis, on a parfois peur de déranger. Aller chez les gens, ce n’est plus aussi spontané qu’avant. On peut se sentir comme des intruses… Alors vraiment, cette initiative est magnifique. »

C’est à ce moment que la voix des organisateurs retentit : le repas est servi, il est temps de passer à table. Les conversations se suspendent, puis reprennent autour des assiettes généreuses. Les rires se mêlent à la bonne odeur du papet vaudois qui se dégage des plats. Très vite, l’ambiance s’anime : entre deux bouchées, on échange déjà des idées pour la suite du projet, des suggestions de menus, des envies de rencontres futures. On sent que les convives ne veulent pas que cette belle énergie s’arrête là.

 

Une initiative pour rompre la solitude des aînés : “Les séniors seuls à table”

Pierre Pittet et Alain Jutzeler, deux Sécherons de longue date, se lancent dans un nouveau projet : celui de rassembler les séniors généralement seuls à l’heure des repas, autour d’une table une fois par mois, afin de partager un moment convivial et chaleureux. Nous avons pu les rencontrer autour d’un café, afin que ces derniers nous parlent un peu plus de leur projet. 

Alain Jutzeler (à gauche) et Pierre Pittet (à droite)

L’Épicurie, local où vont se dérouler ces rencontres

Comment est née l’idée des séniors seuls à table ? Comment avez-vous conçu ce projet ? 

Pierre Pittet : Ce type de projet existe déjà. Par exemple, l’association Pro Senectute propose des tablées, mais le fonctionnement est différent. Ce sont les gens qui proposent d’accueillir 4, 5, 6 personnes et ceux qui sont intéressés s’y inscrivent. Partant de cette idée, et étant nous-mêmes très souvent seuls pour les repas (même si nous nous retrouvons régulièrement l’un chez l’autre), ce projet offrirait aux séniors l’occasion de se rencontrer. Souvent, ces derniers restent seuls chez eux et n’osent pas trop sortir ; ce serait donc un moyen de leur donner l’occasion de se rencontrer. 

Et ces rencontres auraient lieu une fois par mois, n’est-ce pas ?

P.P. : Ce serait l’idée de départ. Après, nous allons voir comment se passe la première rencontre afin de voir ce que les invités présents souhaitent. Mais ce n’est pas figé donc. Il faut voir comment le projet marche. 

Comment avez-vous choisi les personnes invitées pour cette première rencontre ? 

Alain Jutzeler : On ne veut pas trop dire que c’est une sélection en réalité. Comme le titre l’indique, il s’agit des personnes « seules à table ». 

P.P. : Mais les séniors ! 

A.J. : Oui, les séniors seuls à table ! Évidemment, cela ne concerne donc pas les enfants qui ont la clé autour du cou. Il s’agit des gens du village, qui ont passé l’âge de la retraite…

P.P. : …et qui sont veufs ou veuves et donc sont seuls. 

Et comment espérez-vous que les invités s’encouragent mutuellement à venir ? 

A.J. : Nous avons transmis la liste des personnes invitées dans l’invitation, et donc, c’est l’émulation que l’on recherche en transmettant à tout le monde cette liste. 

Afin de voir s’ils retrouvent des gens qu’ils connaissent ? 

P.P. : Dans un village comme Suchy, tout le monde se connait déjà généralement. L’idée était donc surtout de susciter un peu d’engouement et, pour ceux qui ne s’entendent pas avec certaines personnes, de leur permettre de voir qui figure sur la liste afin qu’ils puissent choisir de s’y inscrire ou non. Mais vu qu’aucun-e ne se déteste d’après nous, ça devrait aller ! 

Vous êtes-vous heurtés à des difficultés durant la mise en place de ce projet ? 

A.J. : Nous n’avons jamais eu de réelles difficultés à organiser quelque chose les deux. On est assez bien organisés, surtout Pierre, qui possède un très bel endroit, l’Épicurie, qui est l’ancienne écurie des chevaux et qui a été transformée en salle pour accueillir diverses activités ou soirées.

Et que souhaitez-vous apporter aux séniors aux travers de ces rencontres ? 

P.P. : Un peu de bonne humeur mais surtout des moments de rencontre. Nous organisons également à côté des balades découvertes de la truffe, où nous accueillons des groupes dont les membres ne se connaissent pas forcément au départ, car ils s’inscrivent sur un site. Et nous avons remarqué qu’être autour d’une table avec des gens, afin de partager un bon repas et de sympathiser, cela amène beaucoup de convivialité, de bonne humeur et permet également de tisser des liens. Ce qui manque de plus en plus dans notre société actuelle, dû aux réseaux sociaux notamment, qui n’ont rien de social du tout ! 

Avez-vous toujours aimé cuisiner et recevoir ? 

A.J. : Effectivement, nous sommes un peu des fans de ces choses-là, et spécialement de la convivialité. On met du bon vin sur la table, avec des bons repas et puis la bonne humeur se crée ! 

Et pour finir, comment imaginez-vous ce projet sur le long terme ? 

A.J. : Nous allons voir ! Cela ne dépend plus de nous à présent mais des invités que nous avons conviés. Nous verrons donc comment cela va tourner ! On est assez confiant à vrai dire, étant dans un petit village comme le nôtre. 

P.P. : Et nous sommes ouverts à toutes les propositions ! Si, lors d’une prochaine rencontre, quelqu’un souhaite préparer le repas, ce sera tout à fait possible. 

A.J. : Pour le moment, on saute un peu dans l’inconnu, nous verrons bien comment les gens réagiront. On est toujours plein d’enthousiasme, comme dans tous les projets que nous réalisons ! 

P.P. : Et puis, nous n’avons reçu que des avis positifs pour l’instant. Tout le monde pense que c’est une bonne idée et une belle initiative de mettre cela en place ! 

La première rencontre est fixée au 13 novembre à l’Épicurie — un moment que nous espérons convivial et couronné de succès !

Article écrit par Selma Ibram

Stéphane Deytard : une leçon de patience et d’harmonie avec la nature

Portrait sécheron (n°3)

Le portrait suivant, signé Dani Dernari, fait partie d’une série inaugurée par la nouvelle aubergiste puis par le biologiste à l’origine des parcs à bisons. L’idée est de présenter, à intervalles réguliers, des personnes qui font l’épaisseur, l’histoire ou la couleur de notre commune, quel que soient le rôle public, le rayonnement hors localité, l’actualité concernée. Une commune, c’est certes des limites administratives et cadastrales, des règlements, des taxes et des impôts, mais c’est avant tout des personnes, des rencontres, de l’humain. TH 

Stéphane Deytard est né les deux pieds dans la terre, au cœur d’une famille d’agriculteurs. Il reprend rapidement un petit domaine, poursuivant naturellement la voie tracée. Lors de ses débuts, il pratique l’agriculture telle qu’il l’avait apprise à l’école : engrais, insecticides, fongicides, pesticides. Tout ce qu’il y a de plus conventionnel. Mais, en parallèle de ce travail aux champs, un autre univers s’ouvrait à lui. Curieux de nature et sensible au bien-être, il s’est intéressé aux thérapies naturelles et alternatives. Il explore alors cette autre manière de prendre soin du vivant. Sa passion l’a mené plus loin encore : des cours d’anatomie et de physiologie lui ont permis d’approfondir sa compréhension de l’organisme humain.

C’est là qu’un déclic s’est produit. En étudiant le corps et ses mécanismes, Stéphane a commencé à tracer des ponts entre ses deux mondes : l’agriculture et le soin. Les sols, les plantes, les hommes : tout lui paraissait lié. Cette prise de conscience l’a ramené à l’essentiel, à la nature, et l’a poussé à transformer sa manière de cultiver. Il y a une quinzaine d’années, il s’est engagé dans l’agriculture biologique. Puis, en 2020, il franchit une étape supplémentaire en se tournant vers l’agriculture régénérative. Cette évolution ne s’est pas faite d’un coup. Elle est le fruit d’une remise en question profonde. Stéphane s’est mis à douter de la pertinence de l’agriculture qu’il avait toujours pratiquée. Pourquoi fallait-il traiter les terres ? Pourquoi fallait-il toujours ajouter de l’engrais ? Ces questions l’ont poussé à se former intensivement : biologie des sols, fonctionnement des plantes, cycles naturels.

Très vite, il a compris que même l’agriculture biologique, à laquelle il avait pourtant adhéré avec conviction, ne détenait pas toutes les réponses. « On peut aussi détruire un sol en bio », reconnaît-il. Certes, ce n’est pas la norme, mais c’est possible.

L’agriculture régénérative est alors apparue comme une réponse. Stéphane avait vu ses terres s’appauvrir, perdre de leur vitalité. Pour un agriculteur, admettre cela est une épreuve difficile, presque une blessure. Mais en se tournant vers ces nouvelles pratiques, il a retrouvé une perspective. Les sols se sont rééquilibrés, la vie y a repris sa place, et avec elle une nouvelle énergie. Par ailleurs, il n’est plus seul dans cette aventure. Son fils le rejoint, et pour Stéphane, c’est une source de bonheur immense : « Je n’exploite pas une ressource, dit-il, je l’améliore. » Sa terre, il ne la considère pas comme un bien à user, mais comme un outil vivant qu’il perfectionne année après année. Son approche est devenue globale, presque holistique : respect du cycle naturel, attention portée à chaque interaction, recherche d’équilibre plutôt que de rendement à tout prix. Et dans cette relation nouvelle avec la terre, Stéphane a trouvé ce qu’il cherchait depuis longtemps : une passion qui nourrit autant l’esprit que le sol.

Aujourd’hui, Stéphane Deytard est devenu une référence en matière d’agriculture régénérative en Suisse romande. Responsable régional, il accompagne d’autres agriculteurs curieux de franchir le pas. À travers une association nationale, dont il est le seul représentant romand, il participe à un réseau vivant : formations partagées, visioconférences, interventions de spécialistes et de scientifiques. Un véritable lieu d’échange et de soutien, indispensable pour ceux qui se lancent dans une démarche aussi exigeante. Stéphane insiste sur un point essentiel : le sol a de l’inertie. Quand on entame une transition régénérative, les résultats ne se voient pas immédiatement. Il faut parfois plusieurs années avant qu’un champ ne retrouve toute sa vitalité. Pendant ce temps, il faut investir du temps, de l’argent et beaucoup d’énergie. « Le sol doit se rééquilibrer, et ça demande de la patience », explique-t-il.

Ce qui frappe chez Stéphane Deytard, c’est cette curiosité insatiable, cet étonnement face au monde qui, selon la philosophie, est à l’origine de toute connaissance. Sa soif d’apprendre l’a mené dans les formations les plus pointues sur la biologie des sols et des plantes. Mais à force d’être toujours dans l’action, il a fini par s’épuiser. « Je me suis rendu compte que je me mettais de côté », confie-t-il. C’est alors qu’il a retrouvé une autre facette de lui-même : son goût pour la méditation, la thérapie, le développement personnel, toujours en lien avec la nature.

Ce recentrement a été décisif. Stéphane a compris qu’il ne pouvait soigner la terre que s’il allait bien lui-même. La frontière entre l’homme et la nature, à ses yeux, est illusoire : « Nous constituons la nature, et la nature nous constitue. Nous dépendons des céréales que nous mangeons, de la photosynthèse… » Cette conviction le guide dans toutes ses démarches. Il suit son intuition, persuadé que la cohérence entre sa santé et celle de ses terres est la clé : « Si je donne une formation sur l’agriculture régénérative, dit-il, je parlerai aussi de notre relation à la nature. Sinon, je ne donnerai qu’une demi-réponse. »

Optimiste, il croit en la force de l’entraide et du collectif. « On n’y arrivera jamais tout seul. » Son message s’adresse surtout à la nouvelle génération d’agriculteurs : se valoriser, prendre conscience de leur rôle central. Non pas se voir « en bas de l’échelle », mais au contraire comprendre que l’agriculture porte en elle des missions essentielles : nourrir la population, préserver la qualité de l’air et de l’eau, répondre aux enjeux climatiques, préparer l’avenir. Avec sérénité, Stéphane Deytard rappelle ainsi que l’agriculture n’est pas seulement un métier : c’est une responsabilité envers le vivant et une promesse faite aux générations futures.


Le verger aux multiples essences de Stéphane Deytard

Une vision spirituelle de l’habitat

« La ferme est considérée comme un organisme vivant. La tête (intellect) se situe sur notre habitation au village et le coeur (spirituel) au verger. Une pierre prélevée sur chaque parcelle du domaine a été déposée au verger pour conceptualiser un lien, tout comme mes organes sont reliés par des nerfs, des veines, des artères et des méridiens pour transmettre énergie et informations. Chaque étape importante des cycles naturels et végétatifs (semis, récoltes, solstices, saisons) sont célébrés au verger. Honorer les cycles du vivant me permet de mieux comprendre la nature et m’y relier. »

Abbaye 2025 : entre discours et traditions

L’Abbaye est de retour à Suchy après 3 ans ! Les festivités ont débuté ce 12 juillet dernier par la traditionnelle Diane à 5h du matin, suivie des tirs tout au long de la matinée. Puis, le cortège s’est déplacé à la cantine afin de prendre part au banquet ainsi qu’à la partie officielle de la fête.


Durant un repas convivial, concocté par JML traiteur à Forel, les habitantes et habitants de la commune ont pu se restaurer, accompagnés par les notes entraînantes de l’harmonie Nordsband, sous la direction d’Emanuele Salvo.


La partie officielle a donc débuté juste avant le dessert. Cédric Pittet, abbé-président de l’abbaye (photo ci-dessus), a donc pris la parole, remerciant chaleureusement son comité de l’Abbaye Union-Fraternité pour l’organisation de la fête, ainsi que la société de tir. Il exprime la chance d’accueillir 10 nouveaux membres récemment.

La transmission de deux nouveaux bâtons de parade de l’Abbaye a également eu lieu: le premier a été confié par la société soeur de l’Abbaye, celle de Union et paix de Chavornay; le second a été réalisé par le précédent abbé-président, Gilbert Girardet. Le vieux bâton de parade peut se retirer après moult années de service

Monsieur Olivier Thibaud, abbé-président de la société Union et Paix de Chavornay, a ensuite pris le relais afin d’exprimer sa gratitude et l’affection qu’il porte à la société de l’Abbaye de Suchy, tout en les félicitant pour la réussite de la manifestation.

Finalement, Thierry Herman, syndic de Suchy, a partagé quelques mots sur l’esprit de fraternité qui préside à la fête et à la société de l’abbaye, en se réjouissant de la suite des festivités, qui se prolongeaient jusqu’au lundi 14 dernier.

Au rythme des pas et des fanfares : l’abbaye de Suchy

Lundi 14 juillet, 13h30, devant la cantine de Suchy. La fanfare s’accorde et une douce chaleur caresse le visage des habitants. Les premiers tambours donnent enfin le signal, de grands drapeaux sont brandis et le cortège s’élance. En tête, les musiciens donnent le pas. Leurs instruments résonnent joyeusement dans les rues du village. Les rois et les reines, portant fièrement leurs écharpes blanches et bleues, les suivent de près. Ceux-ci exécutent en cadence leurs chorégraphies, sous le regard attendri des habitants. Ces derniers participent également au défilé et se saluent avec enthousiasme. Suchy se pare de mille sourires et de petites banderoles flottant légèrement au vent. Parfois, sur les côtés du chemin, les arbres offraient un peu d’ombre aux voisins, amis, anciens du village se rencontrant à l’arrière du cortège. L’air sent l’herbe fraîchement coupée et la poussière chaude du chemin, tandis que quelques enfants en vélos zigzaguent près de la marche, happés par l’énergie du moment.

Déjà, le cortège de l’Abbaye atteint le premier arrêt, rassemblant une centaine de personnes. Ici, le cadre est vert et parsemé de tables colorées par toutes sortes de mets délicieux élaborés par les villageois.

Parmi les cuivres et les partitions qui volaient au vent, Marion Lyman, membre de la fanfare Nordsband, était heureuse de pouvoir jouer pour la première fois lors de cette occasion. La fanfare elle-même est cela dit fidèle à l’Abbaye de Suchy depuis de nombreuses années.

« L’ambiance est fabuleuse ! C’est un moment de retrouvailles et de cohésion extraordinaire pour le voisinage. Je pense que cela manque à de nombreuses autres communes qui sont susceptibles de manquer un peu de vie. En se rendant ici, on est certain de rattraper un peu de temps avec plein de connaissances. Je suis très contente de pouvoir jouer pour Suchy, même si j’avoue que lire la partition et marcher en même temps n’est pas ce qu’il y a de plus simple ! »

Les enfants courent entre les jambes, les gens trinquent et entament des valses vibrantes sur la musique entrainante de Nordsband. L’ambiance est chaleureuse, presque familiale. Les gens se parlent facilement, s’indiquent où trouver telle pâtisserie ou tel fromage, proposent des verres aux arrivants. Quelque chose de profondément humain se dégage de la fête. D’ailleurs, cette dernière se poursuit déjà dans un autre quartier. C’est ainsi que, porté par la fanfare, le cortège repart de plus belle jusqu’au prochain quartier.

Celui-ci s’étire un peu, certains discutent et ralentissent tandis que d’autres maintiennent leur rythme derrière la fanfare qui ne faiblit pas. Certains anciens se mettent sur le côté pour filmer le cortège. Celui-ci continue son chemin dans les rues bordées de fleurs, de haies taillées et de guirlandes. Puis, nouvelle halte : d’autres tables garnies généreusement de nourriture attendent également les marcheurs. Les discussions reprennent et quelques habitantes et habitants acceptent de s’exprimer au sujet des festivités en cours.

« Connaître les gens et boire des verres ! » Voilà ce que représente l’abbaye pour moi ! » s’exclame un habitant du village en riant. « C’est un magnifique outil d’intégration. N’importe qui peut s’inscrire et participer à la fête. Ce genre d’événements se perd dans les villes. On s’estime chanceux de pouvoir vivre cela dans notre village ! La convivialité, c’est le mot d’ordre ici. »

Lors de discussions avec d’autres habitantes et habitants à l’un des arrêts, un autre sujet est venu sur la table : celui de la place des femmes dans la tradition de L’Abbaye. Certaines personnes confient qu’elles trouveraient intéressant de voir évoluer la structure très masculine de l’abbaye.

« Aujourd’hui, les femmes ont le droit de tirer, oui, mais dans les faits, il n’y en a qu’une seule à Suchy », glisse une habitante.  « Ce serait beau qu’on soit un peu plus nombreuses à y participer pour de vrai. » Je pense qu’il faut simplement oser, mais la tradition est encore très ancrée dans les habitudes du village. Cela dit, je pense qu’une participation féminine plus élevée ne pourrait rendre l’Abbaye de Suchy qu’encore plus festive et ouverte ! »

Bientôt, le cortège continuera sa route, avec encore d’autres arrêts dans le village et donc d’autres assiettes et conversations à partager. Si l’on en croit les rires et les visages, la fête est loin d’être finie.

Article écrit par Dani Dernari