À Suchy, le Père Noël et les sapins s’invitent devant l’épicerie du village

Comme chaque année à l’approche des fêtes, Suchy perpétue une tradition devenue incontournable : la distribution des sapins ! La commune donne rendez-vous à ses habitants devant l’épicerie du village pour partager un moment convivial durant la période de l’Avent. Il semblerait même que le Père Noël ait décidé de s’y inviter…

En début de soirée, petits et grands se sont rassemblés malgré le froid, attirés par l’ambiance festive et familiale. L’arrivée des sapins ne passe jamais inaperçue : les arbres, offerts par la commune, arrivent dans une grosse remorque, suscitant bonne humeur et curiosité, notamment chez les plus jeunes.

Pour l’occasion, le Père Noël a fait une apparition très attendue et visiblement très appréciée. Il s’est volontiers prêté au jeu des photos, aussi bien avec les enfants que les adultes. Dans l’enthousiasme général, une habitante n’a pas manqué de lancer : « Il n’y a pas d’âge ! » Le Père Noël a ensuite distribué aux plus jeunes des paquets traditionnels garnis de friandises, soigneusement sortis de son grand panier en osier. Ces douceurs étaient offertes par la commune et l’épicerie du village, grâce à la générosité de sa patronne, Laetitia.

Interrogée sur cette tradition, elle explique y être particulièrement attachée : « Le village est chaleureux, ses habitants aiment se rassembler et passer de bons moments. Je connais tous les clients de l’épicerie, alors c’est avec plaisir que je leur offre un verre de vin chaud pour les fêtes. »

Elle poursuit : « C’est une tradition qui vient de mes beaux-parents. C’est un peu la fenêtre de l’Avent du magasin et je suis heureuse de la perpétuer. »

Afin de réchauffer l’atmosphère, du thé et du vin chaud ont été servis aux participants. Un moment très apprécié, propice aux échanges et aux retrouvailles. « C’est hyper convivial, confie une habitante rencontrée sur place. On vient boire un petit verre de vin chaud, discuter avec les gens du village et passer un bon moment. » Elle souligne également une particularité de cette tradition : les sapins distribués ont été plantés au mois de mai par les habitants eux-mêmes. « Finalement, on peut se retrouver à mettre chez soi un sapin qu’on a planté », souligne-t-elle avec entrain.

À travers cette tradition festive, Suchy rappelle que Noël, au-delà de la fête et des sapins, est avant tout un moment de partage et de lien entre ses habitants.

Soirée pré-électorale: un partant…

La soirée pré-électorale, en présence d’une quinzaine de citoyens et citoyennes, s’est déroulée mercredi 3 décembre à 20h à la salle Jura.

Le but de cette soirée était de présenter les différentes activités de la municipalité à la population, tout en leur exposant les aspects positifs et moins réjouissants de leurs tâches respectives ainsi que d’annoncer les dates des prochains tours électoraux. Dans un deuxième temps, les membres souhaitant se représenter ont été révélés, ainsi que ceux qui ont annoncé leur volonté de mettre fin à leur mandat.

Pour rappel, la municipalité actuelle est composée de M.Thierry Herman, syndic, de M. Antonin Gaillard, vice-syndic, ainsi que de Mme. Oxana Cholly, M.Alexandre Muriset et M. Jocelyn Bussy, municipaux. Parmi eux, seul Alexandre Muriset a annoncé qu’il ne souhaitait pas se représenter, après 12 ans de service pour la commune de Suchy.


Les futurs tours auront donc lieu dès le printemps prochain, et plus précisément les 8 et 29 mars, ainsi que le 26 avril et le 17 mai. Pour rappel, les nouveaux candidats souhaitant se présenter doivent déposer leur dossier complet d’ici au 12 janvier prochain à 12h00, pour autant qu’ils remplissent les conditions d’inscription. Deux personnes présentes ont saisi les dossiers de candidature, mais seules les listes déposées au greffe feront foi…

Durant la présentation de la municipalité, le syndic énumère trois aspects essentiels des activités municipales, à savoir l’importance des compétences, la mise de côté du « soi » ainsi que la bonne entente entre les membres. Ce premier aspect met en lumière une façon de répondre à une tendance du Canton à solliciter des municipalités de plus en plus aguerries. Le syndic souligne les aspects de débrouillardise, de recherche d’information ainsi que d’autonomie comme étant des qualités importantes à avoir en tant que municipal-e. Le deuxième point relève de l’importance de la collectivité, étant au centre d’une municipalité. De ce fait, la mise de côté de tout intérêt personnel est nécessaire afin de veiller au bien-être supérieur de la commune. Pour finir, le dernier facteur consiste à avoir envie d’avancer ensemble, et non en se mettant des bâtons dans les roues, dans le but de faciliter et d’améliorer la qualité de vie des citoyens et citoyennes en confiance et en collégialité.

Les municipaux ont ensuite détaillé leurs fonctions et leurs dicastères, tant au sein de la commune que pour les associations intercommunales. Ont été montrées l’étendue et la diversité des tâches qui leur incombent; on percevait aussi dans leurs exposés leur intérêt et leur implication pour les diverses missions au service de la collectivité. Après quelques questions et réponses, la soirée a pu continuer par des échanges à bâtons rompus lors du traditionnel apéro, moment rempli de convivialité, même si l’affluence était peu nombreuse, mais intéressée.

Alexandre Muriset, municipal sortant 

Pourquoi vous-êtes vous lancé dans la politique ? 

En réalité, j’ai toujours aimé le côté commune et cohésion. Mon insertion s’est faite après la fusion des communes; j’étais contre et il fallait assumer que je refusais l’argument du manque de candidats à la fonction. C’était pour moi comme un saut dans le vide. Mais je me suis engagé avec une vraie volonté d’apprendre et d’être actif pour mon village.

Qu’est-ce qui vous a plu durant toutes ces années ? 

La grande cohésion et la bonne entente entre nous à la municipalité. Il n’y a jamais eu de jugement entre nous. Nous avons vraiment tisser des liens forts. Et puis les découvertes, comme par exemple le montage d’une tribunal arbitral pour un conflit avec Car Postal. Il était passionnant de découvrir ce monde judiciaire avec toutes les stratégies que cela implique.

Pourquoi arrêtez-vous cette activité ?

Cela fait maintenant 12 ans que je travaille comme municipal pour la commune de Suchy. Je pense donc qu’il est temps pour moi de ralentir la cadence, avant de m’éparpiller entre toutes mes diverses activités. Mais je regrette réellement de quitter ce tissu. Je trouve qu’entre municipaux, nous avons vraiment un lien qui nous unit, notamment dû aux expériences communes ainsi qu’au vocabulaire spécifique que nous pouvons employer ensemble.

Une table pour recréer le lien : les seniors de Suchy se rassemblent pour la première fois

Une douce chaleur émane du feu de cheminée et enveloppe la pièce lorsque les premiers convives poussent la porte de l’Épicurie, à Suchy. Il est à peine midi, mais une longue table est dressée : assiettes alignées, couverts brillants, paniers de pains posés çà et là. On entend déjà un bourdonnement de conversations, de petites discussions s’entrecroisent et on salue les derniers arrivants.

Les deux organisateurs, Pierre Pittet et Alain Jutzeler, offrent des canapés à la truffe et servent du bon vin à qui en veut bien. Ils disparaissent assez rapidement dans la cuisine pour s’activer sur le menu du jour : un papet vaudois, généreux et fumant. Lorsque tout le monde est enfin rassemblé autour de la table, le syndic Thierry Herman prend la parole. Les conversations s’apaisent et les regards se tournent vers lui. Il prononce quelques mots de bienvenue, un court discours pour saluer cette initiative et les personnes qui y participent : « Ça me fait réellement chaud au cœur de voir une telle initiative prendre vie ici. C’est émouvant de constater que des liens se resserrent entre les anciennes générations, surtout pour celles et ceux qui se retrouvent trop souvent seuls chez eux. Pour moi, c’est essentiel de garder un village connecté et attentif à sa communauté : aujourd’hui, on en a une belle preuve. »

À mesurent que les plats mijotent, on sent l’atmosphère se détendre encore davantage. Certains invités s’attardent près de la cheminée, d’autres prennent déjà place et partagent quelques anecdotes. Le repas semble offrir une parenthèse bienvenue dans une routine parfois un peu silencieuse.

“Ce genre d’évènement devient important”

« J’ai trouvé l’invitation d’Alain et Pierre très sympathique, ils ont toujours d’excellentes idées », confie Jean-Néville Dubuis, metteur en scène et secrétaire générale de Suchy. « Je fais partie des privilégiés qui sont bien entourés, mais le village a quand même changé. Ça fait trente-huit ans que je suis installé ici, et le nombre d’habitants a presque triplé… forcément, on ne se dit plus tous bonjour dans la rue. Ce genre d’événement devient important. »

Un peu plus loin autour de la table, Marlyse Stehlé, ancienne municipale, observe la salle avec un sourire attendri. « C’est une initiative formidable, et en plus je connais encore beaucoup de monde ici… mais je dois dire qu’il y a aussi des visages que je ne reconnais plus à Suchy », confie-t-elle. Elle raconte, amusée, comment lors de la dernière Abbaye elle se retrouvait à saluer des personnes qui l’interpellaient sans qu’elle sache toujours d’où elles venaient. « Alors je demandais : “Et vous, vous habitez où ? Qui êtes-vous ?” Je suis très curieuse », dit-elle en riant. Avant d’ajouter, plus sérieuse : « C’est le plus beau village du Nord vaudois, vraiment. »

À ses côtés, une autre convive acquiesce. Ancienne institutrice, installée à Suchy depuis soixante-quatre ans, elle se rappelle encore l’accueil chaleureux que lui avaient réservé ses élèves à son arrivée. « C’est grâce à eux que j’ai fait toute ma carrière ici. », raconte-t-elle. Elle aussi a été municipale, et elle aussi vit désormais seule. Ce repas, elle l’a vu comme une occasion à ne pas manquer. « On a beau dire que nous sommes un village, on vit un peu chacun dans notre coin, ou dans notre quartier. On se voit au magasin, mais plus rien ne nous relie vraiment. Avant, il y avait la société de chant, mais elle n’existe plus… » Son regard se trouble un instant : « Quand on a été prof et qu’on connaissait tout le monde, c’est un choc de se retrouver un peu plus isolée au sein du village. »

Marlyse renchérit doucement : « Et puis, on a parfois peur de déranger. Aller chez les gens, ce n’est plus aussi spontané qu’avant. On peut se sentir comme des intruses… Alors vraiment, cette initiative est magnifique. »

C’est à ce moment que la voix des organisateurs retentit : le repas est servi, il est temps de passer à table. Les conversations se suspendent, puis reprennent autour des assiettes généreuses. Les rires se mêlent à la bonne odeur du papet vaudois qui se dégage des plats. Très vite, l’ambiance s’anime : entre deux bouchées, on échange déjà des idées pour la suite du projet, des suggestions de menus, des envies de rencontres futures. On sent que les convives ne veulent pas que cette belle énergie s’arrête là.

 

Une initiative pour rompre la solitude des aînés : “Les séniors seuls à table”

Pierre Pittet et Alain Jutzeler, deux Sécherons de longue date, se lancent dans un nouveau projet : celui de rassembler les séniors généralement seuls à l’heure des repas, autour d’une table une fois par mois, afin de partager un moment convivial et chaleureux. Nous avons pu les rencontrer autour d’un café, afin que ces derniers nous parlent un peu plus de leur projet. 

Alain Jutzeler (à gauche) et Pierre Pittet (à droite)

L’Épicurie, local où vont se dérouler ces rencontres

Comment est née l’idée des séniors seuls à table ? Comment avez-vous conçu ce projet ? 

Pierre Pittet : Ce type de projet existe déjà. Par exemple, l’association Pro Senectute propose des tablées, mais le fonctionnement est différent. Ce sont les gens qui proposent d’accueillir 4, 5, 6 personnes et ceux qui sont intéressés s’y inscrivent. Partant de cette idée, et étant nous-mêmes très souvent seuls pour les repas (même si nous nous retrouvons régulièrement l’un chez l’autre), ce projet offrirait aux séniors l’occasion de se rencontrer. Souvent, ces derniers restent seuls chez eux et n’osent pas trop sortir ; ce serait donc un moyen de leur donner l’occasion de se rencontrer. 

Et ces rencontres auraient lieu une fois par mois, n’est-ce pas ?

P.P. : Ce serait l’idée de départ. Après, nous allons voir comment se passe la première rencontre afin de voir ce que les invités présents souhaitent. Mais ce n’est pas figé donc. Il faut voir comment le projet marche. 

Comment avez-vous choisi les personnes invitées pour cette première rencontre ? 

Alain Jutzeler : On ne veut pas trop dire que c’est une sélection en réalité. Comme le titre l’indique, il s’agit des personnes « seules à table ». 

P.P. : Mais les séniors ! 

A.J. : Oui, les séniors seuls à table ! Évidemment, cela ne concerne donc pas les enfants qui ont la clé autour du cou. Il s’agit des gens du village, qui ont passé l’âge de la retraite…

P.P. : …et qui sont veufs ou veuves et donc sont seuls. 

Et comment espérez-vous que les invités s’encouragent mutuellement à venir ? 

A.J. : Nous avons transmis la liste des personnes invitées dans l’invitation, et donc, c’est l’émulation que l’on recherche en transmettant à tout le monde cette liste. 

Afin de voir s’ils retrouvent des gens qu’ils connaissent ? 

P.P. : Dans un village comme Suchy, tout le monde se connait déjà généralement. L’idée était donc surtout de susciter un peu d’engouement et, pour ceux qui ne s’entendent pas avec certaines personnes, de leur permettre de voir qui figure sur la liste afin qu’ils puissent choisir de s’y inscrire ou non. Mais vu qu’aucun-e ne se déteste d’après nous, ça devrait aller ! 

Vous êtes-vous heurtés à des difficultés durant la mise en place de ce projet ? 

A.J. : Nous n’avons jamais eu de réelles difficultés à organiser quelque chose les deux. On est assez bien organisés, surtout Pierre, qui possède un très bel endroit, l’Épicurie, qui est l’ancienne écurie des chevaux et qui a été transformée en salle pour accueillir diverses activités ou soirées.

Et que souhaitez-vous apporter aux séniors aux travers de ces rencontres ? 

P.P. : Un peu de bonne humeur mais surtout des moments de rencontre. Nous organisons également à côté des balades découvertes de la truffe, où nous accueillons des groupes dont les membres ne se connaissent pas forcément au départ, car ils s’inscrivent sur un site. Et nous avons remarqué qu’être autour d’une table avec des gens, afin de partager un bon repas et de sympathiser, cela amène beaucoup de convivialité, de bonne humeur et permet également de tisser des liens. Ce qui manque de plus en plus dans notre société actuelle, dû aux réseaux sociaux notamment, qui n’ont rien de social du tout ! 

Avez-vous toujours aimé cuisiner et recevoir ? 

A.J. : Effectivement, nous sommes un peu des fans de ces choses-là, et spécialement de la convivialité. On met du bon vin sur la table, avec des bons repas et puis la bonne humeur se crée ! 

Et pour finir, comment imaginez-vous ce projet sur le long terme ? 

A.J. : Nous allons voir ! Cela ne dépend plus de nous à présent mais des invités que nous avons conviés. Nous verrons donc comment cela va tourner ! On est assez confiant à vrai dire, étant dans un petit village comme le nôtre. 

P.P. : Et nous sommes ouverts à toutes les propositions ! Si, lors d’une prochaine rencontre, quelqu’un souhaite préparer le repas, ce sera tout à fait possible. 

A.J. : Pour le moment, on saute un peu dans l’inconnu, nous verrons bien comment les gens réagiront. On est toujours plein d’enthousiasme, comme dans tous les projets que nous réalisons ! 

P.P. : Et puis, nous n’avons reçu que des avis positifs pour l’instant. Tout le monde pense que c’est une bonne idée et une belle initiative de mettre cela en place ! 

La première rencontre est fixée au 13 novembre à l’Épicurie — un moment que nous espérons convivial et couronné de succès !

Article écrit par Selma Ibram

Stéphane Deytard : une leçon de patience et d’harmonie avec la nature

Portrait sécheron (n°3)

Le portrait suivant, signé Dani Dernari, fait partie d’une série inaugurée par la nouvelle aubergiste puis par le biologiste à l’origine des parcs à bisons. L’idée est de présenter, à intervalles réguliers, des personnes qui font l’épaisseur, l’histoire ou la couleur de notre commune, quel que soient le rôle public, le rayonnement hors localité, l’actualité concernée. Une commune, c’est certes des limites administratives et cadastrales, des règlements, des taxes et des impôts, mais c’est avant tout des personnes, des rencontres, de l’humain. TH 

Stéphane Deytard est né les deux pieds dans la terre, au cœur d’une famille d’agriculteurs. Il reprend rapidement un petit domaine, poursuivant naturellement la voie tracée. Lors de ses débuts, il pratique l’agriculture telle qu’il l’avait apprise à l’école : engrais, insecticides, fongicides, pesticides. Tout ce qu’il y a de plus conventionnel. Mais, en parallèle de ce travail aux champs, un autre univers s’ouvrait à lui. Curieux de nature et sensible au bien-être, il s’est intéressé aux thérapies naturelles et alternatives. Il explore alors cette autre manière de prendre soin du vivant. Sa passion l’a mené plus loin encore : des cours d’anatomie et de physiologie lui ont permis d’approfondir sa compréhension de l’organisme humain.

C’est là qu’un déclic s’est produit. En étudiant le corps et ses mécanismes, Stéphane a commencé à tracer des ponts entre ses deux mondes : l’agriculture et le soin. Les sols, les plantes, les hommes : tout lui paraissait lié. Cette prise de conscience l’a ramené à l’essentiel, à la nature, et l’a poussé à transformer sa manière de cultiver. Il y a une quinzaine d’années, il s’est engagé dans l’agriculture biologique. Puis, en 2020, il franchit une étape supplémentaire en se tournant vers l’agriculture régénérative. Cette évolution ne s’est pas faite d’un coup. Elle est le fruit d’une remise en question profonde. Stéphane s’est mis à douter de la pertinence de l’agriculture qu’il avait toujours pratiquée. Pourquoi fallait-il traiter les terres ? Pourquoi fallait-il toujours ajouter de l’engrais ? Ces questions l’ont poussé à se former intensivement : biologie des sols, fonctionnement des plantes, cycles naturels.

Très vite, il a compris que même l’agriculture biologique, à laquelle il avait pourtant adhéré avec conviction, ne détenait pas toutes les réponses. « On peut aussi détruire un sol en bio », reconnaît-il. Certes, ce n’est pas la norme, mais c’est possible.

L’agriculture régénérative est alors apparue comme une réponse. Stéphane avait vu ses terres s’appauvrir, perdre de leur vitalité. Pour un agriculteur, admettre cela est une épreuve difficile, presque une blessure. Mais en se tournant vers ces nouvelles pratiques, il a retrouvé une perspective. Les sols se sont rééquilibrés, la vie y a repris sa place, et avec elle une nouvelle énergie. Par ailleurs, il n’est plus seul dans cette aventure. Son fils le rejoint, et pour Stéphane, c’est une source de bonheur immense : « Je n’exploite pas une ressource, dit-il, je l’améliore. » Sa terre, il ne la considère pas comme un bien à user, mais comme un outil vivant qu’il perfectionne année après année. Son approche est devenue globale, presque holistique : respect du cycle naturel, attention portée à chaque interaction, recherche d’équilibre plutôt que de rendement à tout prix. Et dans cette relation nouvelle avec la terre, Stéphane a trouvé ce qu’il cherchait depuis longtemps : une passion qui nourrit autant l’esprit que le sol.

Aujourd’hui, Stéphane Deytard est devenu une référence en matière d’agriculture régénérative en Suisse romande. Responsable régional, il accompagne d’autres agriculteurs curieux de franchir le pas. À travers une association nationale, dont il est le seul représentant romand, il participe à un réseau vivant : formations partagées, visioconférences, interventions de spécialistes et de scientifiques. Un véritable lieu d’échange et de soutien, indispensable pour ceux qui se lancent dans une démarche aussi exigeante. Stéphane insiste sur un point essentiel : le sol a de l’inertie. Quand on entame une transition régénérative, les résultats ne se voient pas immédiatement. Il faut parfois plusieurs années avant qu’un champ ne retrouve toute sa vitalité. Pendant ce temps, il faut investir du temps, de l’argent et beaucoup d’énergie. « Le sol doit se rééquilibrer, et ça demande de la patience », explique-t-il.

Ce qui frappe chez Stéphane Deytard, c’est cette curiosité insatiable, cet étonnement face au monde qui, selon la philosophie, est à l’origine de toute connaissance. Sa soif d’apprendre l’a mené dans les formations les plus pointues sur la biologie des sols et des plantes. Mais à force d’être toujours dans l’action, il a fini par s’épuiser. « Je me suis rendu compte que je me mettais de côté », confie-t-il. C’est alors qu’il a retrouvé une autre facette de lui-même : son goût pour la méditation, la thérapie, le développement personnel, toujours en lien avec la nature.

Ce recentrement a été décisif. Stéphane a compris qu’il ne pouvait soigner la terre que s’il allait bien lui-même. La frontière entre l’homme et la nature, à ses yeux, est illusoire : « Nous constituons la nature, et la nature nous constitue. Nous dépendons des céréales que nous mangeons, de la photosynthèse… » Cette conviction le guide dans toutes ses démarches. Il suit son intuition, persuadé que la cohérence entre sa santé et celle de ses terres est la clé : « Si je donne une formation sur l’agriculture régénérative, dit-il, je parlerai aussi de notre relation à la nature. Sinon, je ne donnerai qu’une demi-réponse. »

Optimiste, il croit en la force de l’entraide et du collectif. « On n’y arrivera jamais tout seul. » Son message s’adresse surtout à la nouvelle génération d’agriculteurs : se valoriser, prendre conscience de leur rôle central. Non pas se voir « en bas de l’échelle », mais au contraire comprendre que l’agriculture porte en elle des missions essentielles : nourrir la population, préserver la qualité de l’air et de l’eau, répondre aux enjeux climatiques, préparer l’avenir. Avec sérénité, Stéphane Deytard rappelle ainsi que l’agriculture n’est pas seulement un métier : c’est une responsabilité envers le vivant et une promesse faite aux générations futures.


Le verger aux multiples essences de Stéphane Deytard

Une vision spirituelle de l’habitat

« La ferme est considérée comme un organisme vivant. La tête (intellect) se situe sur notre habitation au village et le coeur (spirituel) au verger. Une pierre prélevée sur chaque parcelle du domaine a été déposée au verger pour conceptualiser un lien, tout comme mes organes sont reliés par des nerfs, des veines, des artères et des méridiens pour transmettre énergie et informations. Chaque étape importante des cycles naturels et végétatifs (semis, récoltes, solstices, saisons) sont célébrés au verger. Honorer les cycles du vivant me permet de mieux comprendre la nature et m’y relier. »

Abbaye 2025 : entre discours et traditions

L’Abbaye est de retour à Suchy après 3 ans ! Les festivités ont débuté ce 12 juillet dernier par la traditionnelle Diane à 5h du matin, suivie des tirs tout au long de la matinée. Puis, le cortège s’est déplacé à la cantine afin de prendre part au banquet ainsi qu’à la partie officielle de la fête.


Durant un repas convivial, concocté par JML traiteur à Forel, les habitantes et habitants de la commune ont pu se restaurer, accompagnés par les notes entraînantes de l’harmonie Nordsband, sous la direction d’Emanuele Salvo.


La partie officielle a donc débuté juste avant le dessert. Cédric Pittet, abbé-président de l’abbaye (photo ci-dessus), a donc pris la parole, remerciant chaleureusement son comité de l’Abbaye Union-Fraternité pour l’organisation de la fête, ainsi que la société de tir. Il exprime la chance d’accueillir 10 nouveaux membres récemment.

La transmission de deux nouveaux bâtons de parade de l’Abbaye a également eu lieu: le premier a été confié par la société soeur de l’Abbaye, celle de Union et paix de Chavornay; le second a été réalisé par le précédent abbé-président, Gilbert Girardet. Le vieux bâton de parade peut se retirer après moult années de service

Monsieur Olivier Thibaud, abbé-président de la société Union et Paix de Chavornay, a ensuite pris le relais afin d’exprimer sa gratitude et l’affection qu’il porte à la société de l’Abbaye de Suchy, tout en les félicitant pour la réussite de la manifestation.

Finalement, Thierry Herman, syndic de Suchy, a partagé quelques mots sur l’esprit de fraternité qui préside à la fête et à la société de l’abbaye, en se réjouissant de la suite des festivités, qui se prolongeaient jusqu’au lundi 14 dernier.

Au rythme des pas et des fanfares : l’abbaye de Suchy

Lundi 14 juillet, 13h30, devant la cantine de Suchy. La fanfare s’accorde et une douce chaleur caresse le visage des habitants. Les premiers tambours donnent enfin le signal, de grands drapeaux sont brandis et le cortège s’élance. En tête, les musiciens donnent le pas. Leurs instruments résonnent joyeusement dans les rues du village. Les rois et les reines, portant fièrement leurs écharpes blanches et bleues, les suivent de près. Ceux-ci exécutent en cadence leurs chorégraphies, sous le regard attendri des habitants. Ces derniers participent également au défilé et se saluent avec enthousiasme. Suchy se pare de mille sourires et de petites banderoles flottant légèrement au vent. Parfois, sur les côtés du chemin, les arbres offraient un peu d’ombre aux voisins, amis, anciens du village se rencontrant à l’arrière du cortège. L’air sent l’herbe fraîchement coupée et la poussière chaude du chemin, tandis que quelques enfants en vélos zigzaguent près de la marche, happés par l’énergie du moment.

Déjà, le cortège de l’Abbaye atteint le premier arrêt, rassemblant une centaine de personnes. Ici, le cadre est vert et parsemé de tables colorées par toutes sortes de mets délicieux élaborés par les villageois.

Parmi les cuivres et les partitions qui volaient au vent, Marion Lyman, membre de la fanfare Nordsband, était heureuse de pouvoir jouer pour la première fois lors de cette occasion. La fanfare elle-même est cela dit fidèle à l’Abbaye de Suchy depuis de nombreuses années.

« L’ambiance est fabuleuse ! C’est un moment de retrouvailles et de cohésion extraordinaire pour le voisinage. Je pense que cela manque à de nombreuses autres communes qui sont susceptibles de manquer un peu de vie. En se rendant ici, on est certain de rattraper un peu de temps avec plein de connaissances. Je suis très contente de pouvoir jouer pour Suchy, même si j’avoue que lire la partition et marcher en même temps n’est pas ce qu’il y a de plus simple ! »

Les enfants courent entre les jambes, les gens trinquent et entament des valses vibrantes sur la musique entrainante de Nordsband. L’ambiance est chaleureuse, presque familiale. Les gens se parlent facilement, s’indiquent où trouver telle pâtisserie ou tel fromage, proposent des verres aux arrivants. Quelque chose de profondément humain se dégage de la fête. D’ailleurs, cette dernière se poursuit déjà dans un autre quartier. C’est ainsi que, porté par la fanfare, le cortège repart de plus belle jusqu’au prochain quartier.

Celui-ci s’étire un peu, certains discutent et ralentissent tandis que d’autres maintiennent leur rythme derrière la fanfare qui ne faiblit pas. Certains anciens se mettent sur le côté pour filmer le cortège. Celui-ci continue son chemin dans les rues bordées de fleurs, de haies taillées et de guirlandes. Puis, nouvelle halte : d’autres tables garnies généreusement de nourriture attendent également les marcheurs. Les discussions reprennent et quelques habitantes et habitants acceptent de s’exprimer au sujet des festivités en cours.

« Connaître les gens et boire des verres ! » Voilà ce que représente l’abbaye pour moi ! » s’exclame un habitant du village en riant. « C’est un magnifique outil d’intégration. N’importe qui peut s’inscrire et participer à la fête. Ce genre d’événements se perd dans les villes. On s’estime chanceux de pouvoir vivre cela dans notre village ! La convivialité, c’est le mot d’ordre ici. »

Lors de discussions avec d’autres habitantes et habitants à l’un des arrêts, un autre sujet est venu sur la table : celui de la place des femmes dans la tradition de L’Abbaye. Certaines personnes confient qu’elles trouveraient intéressant de voir évoluer la structure très masculine de l’abbaye.

« Aujourd’hui, les femmes ont le droit de tirer, oui, mais dans les faits, il n’y en a qu’une seule à Suchy », glisse une habitante.  « Ce serait beau qu’on soit un peu plus nombreuses à y participer pour de vrai. » Je pense qu’il faut simplement oser, mais la tradition est encore très ancrée dans les habitudes du village. Cela dit, je pense qu’une participation féminine plus élevée ne pourrait rendre l’Abbaye de Suchy qu’encore plus festive et ouverte ! »

Bientôt, le cortège continuera sa route, avec encore d’autres arrêts dans le village et donc d’autres assiettes et conversations à partager. Si l’on en croit les rires et les visages, la fête est loin d’être finie.

Article écrit par Dani Dernari

Bisons d’Europe: entre carnet rose et perspectives plus brumeuses – rencontre avec des passionnés

Portrait sécheron (n°2)

La cellule d’élevage de bisons d’Europe, gérée par l’Association des bisons d’Europe de la forêt de Suchy, a récemment enregistré deux naissances inattendues. Une petite femelle a vu le jour le 29 mai, suivie d’un mâle le 1ᵉʳ juin. L’annonce de cette double naissance est l’occasion d’une rencontre avec Alain Maibach, biologiste en chef de la cellule, et Kevin Mercier, gardien d’animaux. Tous deux ont accepté de répondre à quelques questions sur le fonctionnement de l’association (ABEFS) et reviennent sur le cadre historique de cette expérience inédite en Suisse. Entre naissances inattendues et défis à surmonter, éclairage sur un travail discret mais essentiel.

En quoi consistent vos rôles respectifs au sein de l’association ? Pouvez-vous clarifier le fonctionnement de cette cellule de conservation des bisons d’Europe ?

A. Maibach : « Kevin Mercier est le gardien d’animaux. Il est chargé d’assurer le suivi quotidien des bisons. Ils veillent à leur bien-être, à leur bonne alimentation et surveille leur état de santé. Il intervient également pour gérer les interactions avec le milieu naturel et la sécurité des animaux. Quant à moi, je suis le biologiste ou ce qu’on appelle le référent scientifique, bien que ce soit un peu pompeux. En parallèle, il existe un comité regroupant plusieurs membres clés et coordonnant la gestion de l’association. Morgane Rey, une vétérinaire tout à fait essentielle à notre activité, y est rattachée. Son aide est centrale dans la lutte contre les nombreuses maladies bovines ainsi que quant aux difficultés auquel la cellule doit faire face. L’association dépend aussi de plusieurs sponsors, dont une régie immobilière qui participe de manière significative au fonctionnement de la cellule. Le renouvellement de l’appel d’offre est cela dit à prévoir. Nous allons devoir nous montrer particulièrement convaincants pour obtenir les financements nécessaires. »

Pouvez-vous revenir sur l’historique du bison d’Europe et expliquer pourquoi sa conservation et votre association est aujourd’hui nécessaire ?

A. Maibach : « Le bison d’Europe est une espèce qui fait partie du catalogue de l’union internationale pour la conservation de la nature. Notre association est répondante du groupe de protection des bisons européens qui en découle. Nous sommes également rattachés à un deuxième groupe états-unien. Quoi qu’on en dise, le bison américain est également menacé au vu de son contenu génétique faible. Néanmoins, en Europe, c’est pire que tout. La plupart des bisons étaient dans des énormes propriétés royales ou princières dans l’ex-empire austro-hongrois avant la première guerre mondiale. Une autre partie était en Russie. Ces animaux étaient là pour la chasse uniquement. Une ou deux fois par année, on s’invitait entre personnes de bonne compagnie pour aller les chasser. Ce système a perduré assez longtemps.

Puis, est arrivée la Première guerre mondiale. À ce moment-là, les gens avaient très faim. Les bisons ont donc été beaucoup tués également de cette manière. Ils faisaient d’une pierre deux coups en se nourrissant et en faisant affront à la royauté. Finalement, un groupe de scientifiques s’est aperçu qu’il n’existait plus de bisons d’Europe en liberté. C’est ainsi qu’ils décidèrent de contacter tous les zoos et les cirques possibles pour en rassembler le maximum à Berlin. Parmi ces bisons, seulement 12 d’entre eux ont pu se reproduire. Les autres étaient si mal en point, à cause de la sédation notamment, que cela leur était impossible. L’activité de la cellule est donc cruciale pour la prospérité de l’espèce et son enrichissement génétique. Tout est dès lors très règlementé. Chaque individu possède un numéro puis est classifié de manière rigoureuse, de sorte à connaître précisément les arbres généalogiques et établir des statistiques quant à la fertilité ou à d’autres paramètres en lien avec la génétique comme l’équilibre entre les naissances de mâles et de femelles. »

Pourquoi avoir choisi Suchy afin d’y placer ces bisons ? Est-ce que la forêt ici présente des avantages particuliers ?

A. Maibach : « L’idée de départ vient de Michel Mercier, le gardien forestier honoraire. Un jour dont je me souviens très bien, il m’a proposé d’amener des bisons d’Europe en forêt de Suchy. Il était responsable de la gestion de ces espaces. La forêt présente en effet l’avantage d’être peu morcelée à la fois d’un point de vue spatial et en termes de propriétés. Généralement, pour 800 hectares, il y a au moins 200 voire 300 propriétaires différents. Cela rend un projet tel qu’une cellule de conservation très difficile. Retrouver tous les détenteurs de ces terres et faire passer une convention, c’est mission impossible. Par ailleurs, même dans ce cadre avantageux, ce n’était pas une mince affaire que de trouver un accord commun. La cellule a suscité beaucoup d’opposition. Des exemples de clôture que l’on avait posés se sont même fait détruire à l’époque. Ça nous a pris 12 ans pour finaliser le projet. Cela dit, on observe une tendance des opposants à changer d’avis progressivement. Les gens sont désormais plutôt contents du résultat. On est aussi très reconnaissants des municipaux qui faisaient partie du comité et qui ont tiré le projet vers l’avant. Sans eux, je pense qu’on aurait pu l’oublier. »

Comment avez-vous vécu ces deux naissances récentes presque inattendues ? Comment se portent les deux petits ?

K. Mercier : « L’une d’entre elles était complétement inattendue. En ce qui concerne la deuxième naissance, on était mitigés, mais on avait repéré des signes précurseurs d’une grossesse. Il ne faut cela dit ne pas oublier que ce sont des animaux sauvages qui cachent énormément leur gestation. Ça s’apparente à un moyen de survie pour eux, un instinct naturel. Sultane, l’une des mères, s’est du jour au lendemain isolée du troupeau. On pensait que quelque chose n’allait pas. Lorsqu’on est venu l’examiner le lendemain, la petite était là. C’était une belle surprise. En ce qui concerne la santé des petits, les mises bas semblent s’être déroulées sans encombre particulière. On n’y assiste généralement pas, car c’est très souvent la nuit que ça se passe. Maintenant, il ne faut pas oublier que la nature est imprévisible. Le taux de mortalité chez les bébés bisons, surtout les mâles, est relativement élevé. Selon moi, il faut attendre au moins les 3 à 4 mois pour que les doutes s’estompent vraiment. »

A. Maibach : « C’est un sujet revenant constamment dans nos discussions : comment on communique ? Pour cette double naissance, nous avons attendu un certain temps avant l’annonce officielle. Les gens ont du mal à s’imaginer que des petits animaux puissent mourir. En Occident, la majorité des personnes ne vivent plus du tout en cohérence avec la nature. On oublie comment elle fonctionne réellement. »

Comment expliquer les nombreuses maladies bovines auxquelles la cellule doit faire face ?

A. Maibach : « Ces maladies sont d’origine naturelle. D’ailleurs, elles sont tout à fait connues. Lorsqu’un paysan me contacte, car ils suspectent une pathologie chez son animal, il suffit de faire un diagnostic et d’administrer un antibiotique par exemple. Il est également notoire de dire qu’entre un paysan et la cellule de conservation, les logiques sont très différentes. Le paysan se situe dans un calcul en faveur de ses profits. Si la prise en charge d’une bête malade est trop couteuse et pas rentable, on préfère l’euthanasier. Nous ne sommes pas dans cette même logique productive. »

K. Mercier : « En plus, approcher les bêtes pour les soigner est une tout autre histoire. Imaginons que l’on doive appliquer une pommade dans les yeux d’un bison, c’est complétement différent que de le faire avec une vache. D’ailleurs, je me suis fait charger l’autre jour par un des bisons. Heureusement pour moi, je cours assez vite et je n’ai pas été blessé. Ça reste dangereux. Malgré tout, on est extrêmement chanceux d’avoir à nos côtés notre vétérinaire. En plus de son aide précieuse pour la lutte contre ces maladies bovines, elle ne facture presque aucune intervention. En tant que gardien des animaux, je suis le seul à être réellement payé. Cette cellule est l’œuvre de beaucoup de passionnés. »

A. Maibach : « D’ailleurs, je n’ose pas imaginer les heures non payées que Kevin cumule. Il faut quand même dire que lui aussi fait beaucoup de bénévolat ! »

À quels types de difficultés la cellule doit-elle encore faire face ?

A. Maibach : « Il est vrai que les maladies bovines se présentent comme des défis importants. Mais avant tout, il ne faut pas occulter les difficultés financières concernant l’association et la cellule de conservation. N’oublions pas que l’on vit de nos dons. Malheureusement nous ne touchons rien de l’État pour le moment. Je ne suis pas responsable de cela, mais clairement c’est le nerf de la guerre. Pour l’instant, on a toujours réussi à récolter l’argent nécessaire pour les infrastructures de la cellule par exemple. Il faut espérer que cela puisse continuer. Ensuite, il est également question de consanguinité. En effet, nous n’avons qu’un mâle reproducteur au sein de notre troupeau de bisons. Il s’agira donc d’éviter que le père se reproduise avec sa fille, soit un des nouveaux petits bisons tout juste nés. L’idée serait en conséquence d’exporter. Nous avons pris contact avec l’organisme polonais de protection des bisons d’Europe. Mais nous nous trouvons un peu dans un silence coupable. On s’aperçoit en fait qu’il commence à y avoir trop de bisons et que l’on ne sait plus où les mettre. Par exemple dans nos parcs, ici même, la capacité de charge est déjà atteinte. On doit aussi s’assurer que la faune et la flore résident intactes. On prend plusieurs mesures à cet égard mais dernièrement on a observé une accumulation de sangliers se réfugiant au sein de la cellule, hors des lignes de tirs des chasseurs, occasionnant beaucoup de dégâts dans le parc. Il faut donc que l’on trouve des solutions par rapport à cette problématique aussi. »

Comment peut-on faire si nous voulons soutenir l’association ?

A. Maibach : « En plus, des membres qui paient une cotisation et des sponsors, il est également possible de faire librement des dons si l’on apprécie le projet. C’est très important pour la cellule et c’est comme cela qu’elle peut survivre comme je l’ai dit tout à l’heure. Par ailleurs, le choix des noms des nouveaux nés se fait également de cette manière. L’idée c’est que l’on donne le choix du prénom à la personne ou l’entité qui nous donne la location de naissance. Elle est de 1500 francs avec l’AVS. La commune de Suchy nous a par exemple sponsorisé pour notre bison « Suchy I ». L’union sportive yverdonnoise nous avait financé de la même manière et avait choisi le nom Susy. Il y avait aussi la Régie Braun pour notre Sultane. Finalement il y a plusieurs moyens de nous soutenir, mais vous pouvez simplement venir visiter les parcs. Si je suis présent, je me ferai un plaisir de vous expliquer tout ce qu’il y à savoir ! »

Article écrit par Dani Dernari

Abbaye 2025

Le temps des réjouissances revient. Trois ans après notre dernière Abbaye, le village retrouve les couleurs de la fête les 11, 12 et 13 juillet 2025 !

Les temps forts de cet évènement sont le tir et le couronnement des Rois le samedi, le banquet des familles le dimanche et le cortège du lundi dans les cinq quartiers du village – “schmolitz”  compris !

Pour plus de détails, voici le programme complet de ces journées: Programme de fête et inscriptions